On parle souvent des produits stupéfiants, il semble donc nécessaire et indispensable de s’y intéresser afin de découvrir les différentes catégories de produits. Les produits stupéfiants les plus courants sont les suivants

L’alcool :

L’alcool est la substance psychoactive la plus consommée en France : plus de 41.000.000 de personnes en consomment chaque année. Depuis quelques années, le nombre d’ivresses augmente et concernant toute les populations. 36% des adultes déclarent avoir connu au moins un épisode de binge drinking (ivresse, défonce) au cours de l’année écoulée.

Le cannabis :

Produit stupéfiant le plus connu : le cannabis se présente essentiellement sous forme d’herbe ou de résine. Il est mélangé au tabac et fumé chaque année par 3.800.000 personnes. La population jeune est la plus concernée (23% des 18-25 ans) tandis que le pourcentage de consommateurs dans la population devient quasiment nul à 55-64 ans. 1.2 million de personnes en consomment plus de 10 fois par mois (usage régulier) et le cannabis demeure la première substance illicite consommée en France, tant en population adulte qu’adolescente. Les niveaux de consommation observée en France sont parmi les plus élevés en Europe. Le cannabis est fabriqué à partir d’une plante, le chanvre. Son principe actif principal est le tétrahydrocannabinol (THC). Le THC est une substance psychoactive dont la concentration est variable suivant la variété de chanvre utilisée et la façon dont le produit est préparé. Le cannabis peut être fumé (pétard ou joint) ou mangé (space cake). Il se présente sous la forme de résine, d’herbe ou d’huile. Les termes marijuana, haschisch, shit désignent le cannabis sous ses diverses formes. L’apparition de produits à fortes concentrations de THC doit être noté.

Le THC est absorbé par voie respiratoire quand il est fumé. Il agit en activant un récepteur cellulaire. Ces récepteurs sont présents en quantité importante au niveau du cerveau et des cellules immunitaires. Dans le cerveau, c’est le système limbique, responsable des émotions qui contient le plus de ces récepteurs. Le THC est stocké dans les adipocytes et diverses cellules du cerveau. Ses effets sont prolongés (plus de 24h00) et son élimination lente, ce qui explique que le dépistage du cannabis peut se révéler positif près de trois semaines après l’avoir fumé. Les effets du cannabis sont complexes et multiples :

  • Système sympathique : congestion des conjonctives, accélérations du pouls, élévation tenssionnelle
  • Altération de la vigilance, excitation
  • Modification de l’humeur
  • Troubles sensoriels ou esthétiques (vue, ouïe, perception corporelle)
  • Hallucinations visuelles, auditives et corporelles

Le cannabis fumé entraîne, tout comme le tabac, un effet cancérogène probable pour les voies aéro digestives supérieure et l’appareil bronchique. Une altération des fonctions cognitives et de la mémoire régressives à l’arrêt ont été décrites. Des troubles psychotiques aigus (comorbidités fréquentes entre usagers et troubles psychiatriques) ont également été rapportés. Le cannabis a par ailleurs été utilisé dans le traitement de la douleur. Son efficacité n’a pas été démontré, mais des effets secondaires ont pu être notés à type de troubles paranoïdes dans 10% des cas.

La cocaïne :

La cocaïne existe sous forme de poudre blanche, sans odeur. Son mélange avec d’autres produits (ammoniaque et bicarbonate de soude) donne un dérivé appelé crack. La cocaïne est sniffée, fumée ou injectée dans les veines par 400.000 personnes chaque année. La cocaïne est un alcaloïde issu des feuilles de coca. C’est sous forme de chlorhydrate de cocaïne qu’elle est consommée. La cocaïne sous forme de poudre blanche est rarement pure, souvent coupée avec d’autres produits tels que de la caféine, du lactose … Elle est sniffée, fumée (sous forme de crack ou free base) voire injectée. Le crack est un mélange de cocaïne, de bicarbonate de soude et d’ammoniac qui se présente sous forme d’un caillou qui est fumé dans une pipe.

L’absorption de la cocaïne se fait par voie nasale. C’est un anesthésique local et un puissant vasoconstricteur (effet alpha-adrénergique). La cocaïne interfère avec la recapture de la noradrénaline et de la dopamine par les neurones, en particulier ceux du système limbique. Elle agit également le métabolisme de la sérotonine. Par voie nasale, la cocaïne est absorbée par la muqueuse nasale. Elle passe dans le sang en 3 à 5mn et les effets maximum sont atteints en 20mn. L’élimination se fait par voie urinaire. D’autres voies sont parfois utilisées : orale, parentérale ou pulmonaire. Dans ces cas, le temps de passage dans le sang varie suivant la voie, de 30mn pour la voie orale, à quelques minutes pour la voie pulmonaire, la voie parentérale (injection) à étant la plus rapide (immédiat). Les principaux effets de la cocaïne sont l’euphorie, la sensation de bien-être, l’hyperactivité, l’anorexie et l’insomnie. La dépendance est intense. A l’arrêt, en cas de consommation régulière, peut-être noté un syndrome de sevrage avec malaise, apathie, difficulté de concentration.

Les complications psychosomatiques en cas de consommation prolongées sont la désorientation, la survenue d’hallucinations, de syndromes dépressifs et parfois de manifestations psychotiques. Des manifestations violences peuvent également être observées telles que des passages à l’acte et des manifestations agressives. La cocaïne est responsable d’accidents cardiaques, de troubles du rythme cardiaque ainsi que d’atteintes pulmonaires ou neurologiques (épilepsie). Les lésions de la muqueuse nasale, secondaires à la prise par sniff, sont des portes d’entrées pour le virus de l’hépatite C et B lors du partage des pailles.

Les opiacés :

L’observatoire français des drogues et des toxicomanies (produits stupéfiants) distingue quatre profils de consommateurs d’opiacés :

  • les consommateurs d’héroïne qui consomment occasionnellement des produits de substitution quand ils n’ont plus d’héroïne
  • Les personnes traitées par produits de substitution qui consomment occasionnellement de l’héroïne
  • Les poly consommateurs de médicaments opiacés
  • Les consommateurs de cocaïne et de crack qui utilisent l’héroïne pour la descente

Il existe différents types d’opiacés avec des prévalences de consommations différentes. En France, les chiffres de prévalence connus sont le suivants :

  • Environ 175.000 usagers d’opiacés (héroïne)
  • Environ 85.000 personnes sont traitées par Subutex
  • Entre 15 et 20.000 personnes sont traités par méthadone

L’héroïne est liposoluble et passe immédiatement dans le cerveau. Son effet est quasi immédiat après injection. Son élimination se fait par voie urinaire. L’héroïne se transforme en morphine dans les urines, morphine qui sera détectée en cas de dépistage urinaire. Les effets des opiacés sont entre autres : sédation, euphorie, flash, baisse de la vigilance, dépression respiratoire. Ces troubles sont le plus souvent liés à l’absence de contrôle des doses prises. La dépendance aux opiacés survient très rapidement. Le retentissement sur la vie sociale est quasiment toujours important et les complications infectieuses fréquentes. De nombreux toxicomanes sont aujourd’hui porteurs du virus de l’hépatite C (près de 70% d’entre eux). La transmission du VIH dans cette population a diminué depuis les mesures de réduction des risques décidées par les divers gouvernements depuis la fin des années 1980 (vente de seringues en pharmacie, stéribox, campagnes d’information, traitement de substitution). La mise en place de traitements de substitution a permis de réduire le nombre de toxicomanes, et de les réintégrer dans un milieu de travail. Les personnes sous traitement de substitution doivent cependant être informés des effets sur la vigilance pour la conduite automobile (en particulier en cas d’absorption d’alcool ou d’autres psychotropes).

Les amphétamines :

Différents types de produits peuvent être distingués :

  • les anorexigènes
  • l’amineptine et l’ortenalv ont été retirés du commerce
  • l’ecstasy (MDMA) est la plus fréquente des amphétamines
  • les produits entactogènes : MDA, MDE

L’effet de l’ecstasy s’installe en moins d’une heure et dure environ 4 à 8h00. Les molécules se fixent sur des récepteurs spécifiques de la sérotonine et agissent comme des agonistes au niveau des récepteurs alpha 2 présynaptiques. La MDMA et sa métabolite principale (MDA) sont retrouvés dans les 24h00 qui suivent la prise de sang, la salive ou la sueur. L’élimination est urinaire. Ces substances sont à l’origine d’une augmentation de la vigilance, d’une augmentation de la sensation de puissance, mais aussi d’erreurs dans l’appréciation des situations. L’ecstasy provoque suivant les doses une euphorie, une excitation, une sensation de bien-être, une exacerbation de la sensualité, une résistance à la fatigue, au sommeil et à la faim. Sur le plan cardiovasculaire, elle provoque une augmentation de la tension artérielle, une tachycardie. Son effet dure quelques heures après la prise.

L’ecstasy peut provoquer des troubles de la mémoire, et des troubles cognitifs persistants pendant plusieurs mois. Chez l’animal, une destruction des voies sérotoninergiques a été mise en évidence. Chez l’homme, une réduction de la densité des récepteurs sérotoninergiques a été observée. Les risques immédiats de l’ecstasy sont divers. Elle peut être à l’origine d’une déshydratation, d’une tachycardie avec des risques d’accidents cardiaques, de maux de tête et d’une hyperthermie maligne. Sur le plan neurologique, il y a un risque de convulsions. Elle est également à l’origine de crises de panique et de troubles psychiatriques, hallucinations, syndromes paranoïdes. Des troubles hépatiques peuvent également être observés (hépatite toxique). A plus long terme, et en cas de prises répétées, elle peut être à l’origine de syndromes dépressifs et d’une dépendance psychique. Des perturbations de la mémoire et des capacités cognitives ont été décrites (en particulier pour l’apprentissage).

Hallucinogènes :

Des produits tels que le LSD (acide diéthylénique lysergique), la psilocybine, la tétraméthylsilane (DMT), et la mescaline ne provoquent pas d’addiction mais certaines amphétamines (MDA, MDMA ou ecstasy) le font. La phencyclidine, le cannabis et les atropiniques ont également des effets hallucinogènes. Seul l’exemple du LSD est pris ici puisqu’il s’agit de l’hallucinogène le plus classique. Le LSD est obtenu à partir de l’ergot de seigle. Il se présente en général sous la forme d’un buvard ou micro pointe ressemblant à une mine de crayon. C’est l’hallucinogène le plus puissant.

L’action du LSD se fait sur les connexions entre neurones, en particulier sur ceux régulant les fonctions psychiques et intellectuelles. L’effet est atteint en moins d’une heure après la prise avec des sensations de destruction du temps. Le LSD provoque des hallucinations visuelles et des modifications spatio temporelles. Il entraîne également un trouble de la perception, les perceptions auditives, visuelles et tactiles se mélangeant. L’effet du LSD dure entre 6 et 12h00 et l’arrêt de l’effet est particulièrement désagréable, avec une asthénie qui peut être intense. Les risques principaux sont secondaires à la descente : crise de panique, crise de paranoïa, bouffées délirantes aiguës. L’usage répété de LSD est à l’origine de pathologies psychiatriques graves, notamment des épisodes de bouffée délirante aiguë.

Les solvants :

Autre produits stupéfiants, l’appellation solvant recouvre un très grand nombre de produits. Parmi ceux qui sont utilisés dans le cadre d’une consommation toxicomaniaque peuvent être cités les colles au toluène, au trichloréthylène, l’éther. La prise se fait en général par sniff, parfois en appliquant un sac plastique sur la tête pour une amplification de l’effet. Les principaux effets après la prise sont des vertiges, une instabilité, un nystagmus, une sensation d’ébriété ou d’ivresse, une confusion mentale. L’action sédative observée peut aller jusqu’au coma. Ils peuvent également provoquer des hallucinations visuelles. La dépendance peut être forte surtout dans le cas de l’éther. Les solvants entraînent entre autres des altérations cognitives. Ils peuvent être à l’origine de lésions cérébrales, hépatiques, pulmonaires ou sanguines. Ces risques sont identiques à ceux rencontrés lors d’une exportation professionnelle.

Médicaments psychotropes :

Même si souvent ils ne sont pas considérés comme des produits stupéfiants, les médicaments psychotropes (somnifères, anxiolytiques, antidépresseurs) sont consommés par une partie non négligeable de la population française. Lorsque leur utilisation se fait en dehors d’une prescription médicale, leurs effets ne sont plus contrôlés et peuvent être dangereux. La consommation de médicaments est importante dans la population française si on la compare à celles d’autres pays européen. Les médicaments psychotropes représentent une part relativement importante de cette consommation. Trois classes médicamenteuses sont concernées : les anxiolytiques, les hypnotiques et les antidépresseurs. Dans la population française, 11% des hommes et 20% des femmes consomment des anxiolytiques et des hypnotiques. La population la plus concernée est celle des plus de 40 ans. Il est également notable que la consommation d’anxiolytique est stable depuis 10 ans alors que celle des antidépresseurs augmente. Les médicaments non psychotropes peuvent également avoir un effet sur le comportement. Dans ce cas, il s’agit d’un effet secondaire indésirable et non recherché.

Les médicaments agissant sur le comportement sont représentés par tous les psychotropes mais aussi par les :

  • anti inflammatoires non stéroïdiens
  • anti hyper-tenseurs
  • hormones
  • antihistaminiques
  • anxiolytiques et hypnotiques

Les principaux effets indésirables qui peuvent être cités sont les suivants :

  • altération des fonctions cognitives : mémoire, capacités visuomotrices
  • peut être plus d’accidents du travail chez les consommateurs mais il existe de nombreuses incertitudes
  • syndrome de soumission (amnésie antérograde, modification du comportement) avec des conséquences médico légales pour les victimes après la prise à son insu de certains anxiolytiques ou hypnotiques.

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